Bon ben voilà, ça c'est fait !

Et si le début de cet Assassin's Creed présageait le meilleur quant à la qualité du titre, la fin, disons le sans ménagement est plus que décevante ! Mais revenons sur cette quinzaine d'heures de pur plaisir.

Dès les premières minutes de jeu, la scène d'ouverture où l'on doit atteindre et éliminer notre cible installée dans les balcons d'un grand théâtre londonien nous transporte à la fois dans l'époque et l'univers de ce nouvel Assassin's Creed. On est en plein XVIIIème et ça se ressent ! Et première surprise : on n'incarne pas le personnage auquel on s'attendait... Puis c'est le départ pour le nouveau monde à bord d'un bateau (nouveauté de cet opus) sur lequel on retrouvera la prise en main des AC. Là encore les graphismes, l'horizon, l'océan, le navire, son pont, ses voilures et ses cordages ; la bande son, les mouettes qui nous survolent, l'ambiance à bord, les matelots qui chantent tout en s’attelant à leur tâche ; tout contribue à nous faire ressentir l'air du large. Puis, après quelques minutes de jeu et une petite échauffourée, histoire de montrer qui l'on est, ce sera l'accostage à Boston.

L'intérêt de ce personnage que l'on incarnera un bon tiers de l'aventure est de permettre une mise en place des éléments de l'intrigue comme aucun autre AC ne l'avait fait auparavant tout en nous offrant la possibilité de profiter d'entrée de jeu d'un gameplay déjà acquis. On s'intéresse rapidement aux tenants et aboutissants de cette quête qui se met en place pierre après pierre tout en se demandant quand on incarnera enfin le protagoniste principal de ce nouvel épisode que tout semble opposer à celui que l'on joue actuellement et quels seront les liens qui les uniront. Très vite le caractère ambigu de notre personnage apparaîtra et ses bonnes actions contrasteront avec les desseins qui semblent les siens. C'est à ce moment que l'on commencera à comprendre l'évolution annoncée de l'histoire et on ne tardera pas à découvrir enfin le jeune Connor avec lequel il nous faudra tout recommencer à zéro. Avec toutefois un gros avantage : le jeune indien semble, dès son adolescence, bien plus agile que son aîné. Là encore les mécaniques de gameplay et de narration trouvées par Ubisoft sont sympathiques et plutôt originales. L'immersion dans l'univers de Connor et sa tribu avec son village, ses forêts, sa faune et sa flore et des dialogues doublés dans leur dialecte nous permettent de nous immerger pleinement dans ce monde et apporte un nouveau souffle à la fois au jeu et à la franchise. C'est simple on a véritablement l'impression de jouer à deux versions différentes du titre. Là on apprendra à chasser, à grimper aux arbres et à sauter de branche en branche. Notre personnage développera ainsi ses capacités au fur et à mesure qu'il prendra de l'âge (Là encore l'évolution est très bien intégrée à l'histoire) jusqu'à ce qu'un évènement marquant - qui suscitera sûrement l'une des plus fortes émotions jamais suscitées par un jeu - conduise le jeune adulte à affronter ce nouveau monde en pleine guerre d'indépendance. Sur le chemin il rencontrera des personnages secondaires tout aussi profonds et sera confronté à la fois à son passé et son destin.

Le jeu nous offrira la possibilité de participer à de nombreuses chevauchées ; à l'attaque de convois ; à des batailles navales à la barre de notre propre navire et des batailles rangées aux commandes de cannons lourds. Les restaurations de domaine ; la libération de zones ; les prises de forts et le recrutement d'assassins sont toujours de la partie ainsi bien sûr que les assassinats !

La progression est tellement fluide et intense qu'on ne voit pas les niveaux défiler. Du coup la fin de l'histoire arrive bien trop vite ! Dommage que les actions soient finalement si variées que l'on n'ait pas vraiment l'occasion ou la nécessité d'utiliser tous les éléments de gameplay tels que les assassins et les différentes armes et bottes à notre disposition, à moins bien sûr de faire durer l'expérience à travers les nombreuses quêtes annexes. Côté scénario si les débuts s'annonçaient prometteurs, on se perd également assez vite au milieu de ce conflit dans lequel Connor a du mal à trouver sa place. Et on ne peut qu'être déçu par une fin bâclée à la fois dans cet arc narratif où les enjeux et l'influence de Connor sont finalement assez limités. Et sur la partie consacrée à Desmond qui après un ultime parkour quelque peu fastidieux et une longue phase de blabla inintéressante au possible finit par faire un choix qui n'en est pas vraiment un...

Dommage qu'après tant d'émotions, de pur plaisir et d'action non stop on puisse se demander après la dernière cinématique "à quoi bon ?..."

Pour autant, ACIII reste un très bon crû. Et même, grâce à une véritable profondeur dramatique, l'un des meilleurs titres de la franchise. Et les teasers diffusés du prochain opus récemment annoncé ont déjà réussi à nous convaincre de ressigner pour un quatrième épisode !

Assassin's Creed III : Un épisode décevant ?
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