The following

Côté petit écran, il semblerait que les serial killers reviennent à la mode. Et lorsqu'on parle de serial killers, comment ne pas penser au personnage d'Hannibal Lecter inventé par Thomas Harris et justement décliné pour la première fois dans le cadre d'une série à paraître très prochainement sur NBC ?

The Following est le deuxième grand show de la saison gravitant autour du thème des serial killers. Et ici, la filiation avec les romans de Harris saute très vite aux yeux tant dans le pitch de départ et les mécaniques mises en place, que dans les relations entre les personnages et leurs traits de caractère. Dans The Following, on suit les enquêtes de Ryan Hardy (Kevin Bacon), ancien agent du FBI qui reprend du service pour mettre fin aux machinations meurtrières orchestrées depuis sa cellule par un tueur en série qu'il a arrêté huit ans auparavant au péril de sa vie. Difficile de ne pas penser à Will Graham, le personnage de Harris qui, retiré du FBI après avoir arrêté le serial killer "Hannibal le cannibale", se voit obliger de se rapprocher de lui afin de mettre fin à une nouvelle série de meurtres.

Pour autant, les créateurs du show ont réussi, grâce à une bonne idée de départ, à dépoussiérer le mythe et, en l'encrant dans la génération internet, à éviter la pâle copie. Grâce à leur thème de base – un ancien prof de fac charismatique et manipulateur cherchant à achever son oeuvre machiavélique grâce à des adeptes rencontrés lors de ses cours ou sur la toile – les scénaristes peuvent, tout en se servant des mêmes mécaniques que celles de Harris, suivre des voies totalement différentes.

De même, on note souvent chez Joe Carol, le serial killer de The Following, des faux airs de Lecter. Tous deux peuvent aussi bien se montrer charismatiques et cultivés que machiavéliques. Et Hardy peut parfois entretenir avec Carol les mêmes rapports ambigus que Will Graham et Hannibal Lecter. Mais les scénaristes ont également offert à Carol une personnalité et surtout des desseins totalement différents, lui permettant de se détacher de son homologue de la trilogie du "Silence des agneaux" et évitant ainsi à James Purefoy – Tout aussi bon dans le rôle de Carol que dans celui de Marc Antoine. (cf. Rome) – de souffrir davantage de la comparaison avec Hantonny Hopkins qui restera pour chacun l'incarnation parfaite "du mal".

C'est donc un réel plaisir de retrouver cette confrontation "bad guy / good guy" dans un thriller policier aux ramifications complexes. Et pour cela déjà, on peut dire merci et bravo aux scénaristes ! La série n'est toutefois pas exempte de défauts : les ficelles sont souvent grossières. Si certains rebondissements sont biens-sentis, d'autres sont un peu gros et prévisibles. Les effets de mise en scène se veulent inspirés du "cinéma qui fait peur" mais là encore, difficile de se laisser prendre tant ils sont évidents. Dommage.

On attend toutefois avec impatience la suite de cette longue, très longue histoire (aucune ellipse de plus de quelques heures sur ces quatre premiers épisodes...) ! Et éventuellement la fin, donc. Pour le moment la série a été prolongée pour une deuxième saison... En espérant que la chaîne ne décide pas de l'arrêter en plein développement pour faute d'audience.

Retour à l'accueil